Netali Borom Ndame

NETALI : Le Saint-Coran dans le quotidien du Cheikh et de ses scribes !

Le Cheikh faisait lire le Coran quatre fois par jour devant la porte de sa maison, deux fois après la prière du matin, une fois après celle du midi et une fois après celle du soir. Dans la nuit du vendredi la lecture du Coran s’effectuait sept fois. Le secret en était Dieu Très-Haut le sait mieux que le Cheikh voulait que l’on inscrivît en sa faveur, à coté de chaque prière canonique accomplie un « khatma » (lecture complète du Coran). Que les lectures diurnes fussent inscrites à côté des prières canoniques du jour et de la prière du coucher du soleil et que les lectures du vendredi fussent inscrites avec les prières du crépuscule de la semaine.

Quant à la transcription du Coran, tout adepte sachant le Coran par cœur et ayant une belle écriture était chargé d’écrire un exemplaire tous les trois mois ou un huitième ou un quart ou un tiers ou un demi d’un exemplaire divisé entre deux ou plusieurs scribes ayant des écritures similaires. De même des scribes noirs et maures employés à cet effet procédaient de la même façon de sorte que des centaines d’exemplaires étaient transcrits chaque mois à côté d’autres exemplaires achetés aux librairies. Je me souviens qu’une fois nous en achetâmes huit cent exemplaires à la fois à un seul vendeur. Et ce à côté des livres scientifiques venus de tous bords, des scribes et des libraires. Parfois on achetait plusieurs exemplaires du même livre, même s’ils comportaient des déchirures…

Ceci met en évidence que l’argent dépensé pour l’achat de tels livres était une aumône dissimulée ajoutée aux biens distribués aux pauvres qui les sollicitaient et aux aides prodiguées aux dignitaires riches, qui s’élevaient parfois au cours d’une seule journée à des dizaines de milliers de francs…

Un des événements les plus étonnants est qu’une fois le Cheikh nous a réunis chez lui, nous, ses scribes, le 26 du mois de Ramadan de l’an 1324 (le 1er 1924). Devant lui se trouvait un grand paquet de papier. Et il nous a dit: « Savez-vous pourquoi je vous ai appelé? » Non, avons-nous dit. « Je voudrai que vous m’écriviez un exemplaire du Coran dans ces papiers avant la fin du mois. Pouvez-vous le faire? » Nous avons répondu que oui et il répéta la question deux fois et obtint la même réponse. Alors il nous remit le paquet que nous divisâmes entre nous. L’un de nous écrivait des « Hizib » (le Coran en compte 60) et les vocalisait au cours d’une seule journée ou les transcrivait et laissait à un autre le soin de les vocaliser, d’autres écrivaient et laissaient à un autre le soin de les vocaliser, d’autres écrivaient plus ou moins… Avant de nous séparer au milieu de la matinée du 26 Ramadan, chacun savait où il devait commencer et où il devait s’arrêter ainsi que le nombre de lignes à mettre dans chaque page de sorte qu’il n’y eût ni répétition, ni omission, ni page vide. L’exemplaire fut achevé le 29ème jour du mois à midi. Le Cheikh n’y décela aucune lacune; ni une ligne plus ou moins épaisse qu’une autre ni une page vide. Il en remercia Dieu longuement et nous dit: » Avez-vous jamais entendu que quelqu’un a pu écrire ou faire écrire un exemplaire du Coran en trois jours? » Nous avons répondu que non. Alors, il remercia Dieu et récité le verset: « En vérité, je ne laisse perdre l’œuvre d’aucun parmi vous … » (le Coran 3:195).

Une des plus curieuses coïncidences m’est arrivée une fois pendant que je lisais une biographie du Prophète: Zad al Maad, je crois. En effet, lorsque je suis parvenu au chapitre consacré aux scribes du Prophète qui lui écrivaient le Coran et les messagers, je les ai comptés et trouvés qu’ils étaient au nombre de 17. Puis j’ai eu l’idée de compter mes compagnons, les scribes du Cheikh et trouvé qu’ils étaient au même nombre. Alors, j’ai composé un poème dans lequel j’ai imploré Dieu par l’intermédiaire des compagnons, scribes du Prophète, et de mes compagnons scribes du Cheikh.

Certains collègues ont recopié la partie du poème concernant nos compagnons sans l’autre partie.

Ensuite j’ai découvert que les domestiques du Prophète (P.S.L) étaient au nombre de 9 dont une femme, en l’occurrence Umm Ayman et que les domestiques du Cheikh, cette année-là étaient au nombre de 9 dont une femme, en l’occurrence Awa SARR une servante du Cheikh.

Extrait IRWAHU NADIM

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