الأربعاء 27 المحرّم 1439 Wednesday 18 October 2017

Pouvoir et Opposition : La perspective islamique à la lumière de la démarche de Cheikh Ahmadou Bamba

 

Par Serigne khadim lo Gaydel

Les élections en Guinée et en Cote d’ivoire et l’impasse qui s’en est suivie inquiètent plus d’un observateur. Du reste c’est à croire que L’Afrique n’est sous sous les feux de l’actualité que quand il s’agit de lutte pour la conquête du pouvoir.

Pour le cas de la Cote d’ivoire par exemple il ne fait pas de doute que le président sortant se cramponnera jusqu'à la dernière heure au pouvoir, au risque de créer une embrasure. Fort heureusement cette fois, la communauté internationale s’est dressée en bloc pour parer a l’entreprise de phagocytose du processus démocratique.  Le cas de la Guinée et la pression internationale exercée semble fort heureusement créer une jurisprudence à ce niveau.

La question demeure toutefois de savoir …Pourquoi est –il qu’en Afrique le pouvoir et sa conquête ou son maintien semble être le facteur déterminant des relations politiques. La question mérite attention en ce que c’est de la que découlent la majorité des conflits sanglants ?

Je ne pense pas que L’Afrique soit maudite par essence ne serait ce par ce que c’est le continent qui a généré l’un des esprits les plus féconds dans l’histoire de L’humanité ; l’auteur des 7.5 tonnes d’écrits à savoir Cheikh Ahmadou Bamba. Pourtant ici encore son enseignement et sa démarche devraient servir d’école. 

L’islam comme projet de société politique en sa philosophie  , reconnait pleinement les deux réalités  du pouvoir qui sont à la base de l'existence humaine :  1/l'exercice d'une certaine autorité ou pouvoir par des individus sur d'autres est nécessaire afin de créer et de maintenir l'ordre et le progrès au sein d'une société (sourate 4:59, 43:32); 2/  il est facile pour un pouvoir de verser dans la corruption et de devenir une source d'injustice, d'oppression et de stagnation (6:123, 20:24, )

Ces deux réalités ne souffrent d’aucune contradiction de fait .En effet, l'islam vise à contrôler cette vulnérabilité du pouvoir face à la corruption en deux temps. Premièrement, en réformant le concept même du pouvoir par la soustraction de l’autorité humaine à toute forme d'absolu. Deuxièmement, en autorisant le peuple à s'opposer au pouvoir corrompu. 

Le substratum de la religion islamique est la proclamation de « La Ilaha illa Allah. » (Il n y a de dieu que Dieu.) . A elle seule cette confession de foi fondamentale affirme que l’autorité et le pouvoir sont des mains de Dieu Seul. En d’autres termes aucun humain n’est en droit d’exercer ni pouvoir ni autorité sur un autre humain sauf en tant que serviteur de Dieu

 Ainsi en la sourate 12 verset 40 9(Youssouf) Dieu dispose : «. Vousn'adorez, en dehors de Lui, que des noms que vous avez inventés, vous et vos ancêtres, et à l'appui desquels Allah n'a fait descendre aucune preuve. Le pouvoir n'appartient qu'Allah. Il vous a commandé de n'adorer que Lui. Telle est la religion droite ; mais la plupart des gens ne savent pas.  »

Voila qui explique que la démarche de Cheikh Ahmadou Bamba face à l’autorité Coloniale. Pour exemple lorsqu’il retourna du Gabon et que les colons voulaient coute que coute qu’il reconnaisse leur autorité et par ricochet celle locale de Mbakhane Diop, il rappela haut et fort ce concept fondamental évoqué plus haut. C’est Ainsi qu’en Mai 1903 quand l’administrateur le convoqua pour qu’il s’expliquat dans un delai de huit jours, sa reponse fut des plus probantes : «C ‘est le captif de Dieu qui rend cette reponse .Un captif de Dieu qui se suffit de son maitre. Il fait connaître au commandant de Diareme que paix soit sur celui qui marche dans le sentier droit .Apres ceci, il fait connaître qu’il a recu sa lettre et lui fait savoir comme reponse qu’il est le captif de Dieu et ne reconnaît pas d’autre Maitre que Lui et ne rend hommage qu’a Lui seul, le Très Haut, le Vénéré, le Riche, le Grand. Paix soit à celui qui marche dans le droit chemin. » (Archives du Sénégal)

En fin de compte aucun humain n’a un droit inhérent a l’exercice de l’autorité et cela tout dirigeant africain doit le comprendre !

 Au plus l’Islam comme modèle de société complet nous enseigne que tout détenteur de pouvoir aussi minime soit telle doit rendre des comptes. Le Coran insiste beaucoup sur ce principe de la responsabilité .Nous sommes tous appelés à répondre de nos actes. Des lors les dirigeants associés àl’exercice du pouvoir et de l’autorité politiques ne sauraient se soustraire àcette règle. 

En conséquence le peuple a un droit inné de s’opposer à tout pouvoir corrompu. Un hadith bien connu proclame à  cet effet que : Si quelqu'un d'entrevous voie quelque chose de mal, qu'il le transforme de ses propres mains ; s'il ne le peut pas, alors avec la langue ; si il ne peut pas, alors avec son cœur et cela est la foi la plus fragile».

Dans l’histoire du Coran on note que parfois, Dieu Lui-même intervient pour déloger un pouvoir corrompu. Premièrement, par l'envoi d'un messager, qui sert d'avertissement. Ensuite, par la destruction du puissant, si l'avertissement n'a pas été pris en ligne de compte. C'est ce qui est arrivé dans le cas du Pharaon !

En fait, tous les prophètes et messagers de Dieu ont nécessairement été impliqués dans une forme de confrontation avec des pouvoirs corrompus bien établis qu'ils ont finalement délogés, parfois de leur vivant comme dans les cas de Moussa et de  Muhammad (PSE), parfois après leur départ comme dans le cas de Issa (PSL).

Dans le cas de Cheikh Ahmadou Bamba, ce qui fut plus célèbre était son opposition à l’autorité coloniale mais de facto on note qu’il fut en croisade aussi contre les pouvoirs locaux dont les intérêts n’étaient pas de servir les populations. La lutte de Serigne Touba était dirigée contre toute forme d’oppression d’ou qu’elle venait. D’ailleurs ces démêlés avec l’aristocratie royale de 1’époque en sont une illustration. A aucun moment de sa vie il n’a sacrifié son idéal sur l’autel de la compromission. L’idéologie motrice a toujours été la défense de son peuple noir contre toute forme d’agression. 

Il est vrai le pouvoir corrompt et si l’Afrique tarde à émerger, cela est du parfois a l’exercice que font les dirigeants du pouvoir. Des conditions doivent être en place pour laisser le peuple s’exprimer. Aussi quand il s’agit d’expression par la voie des élections, l’ethnicité ou la religion ne doivent pas être utilisées comme moyen de surenchère. Au surplus la voie du peuple doit être respectée de tout temps et à tout moment …Ces principes ne sont pas contre L’Islam au contraire trouvent leur source dans la pensée de la religion révélée au Prophète Muhammad (PSL)

Serigne khadim lo Gaydel

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