الأربعاء 24 ربيع الأوّل 1439 Wednesday 13 December 2017

Analyse sur la crise multidimensionnelle du monde par Serigne Khadim Gaydel Lô

 Déjà à l’époque où tous les  puissants monarques enviaient le prophète illettré de l’ISLAM on se demandait pourquoi. On n’avait  jusque là jamais vu des sujets servir un roi comme le firent les compagnons de l’élu le plus pur. Ce privilège lui revenait exclusivement non pas parce qu’il fut doté de pouvoirs extraordinaires, mais grâce aux vertus pour lesquelles DIEU l’envoya sur terre. Sa mission consistait donc dans un monde sans éthique, à incarner la Miséricorde pour l’humanité toute entière.

Ce rôle de sauveur ne devrait-il pas être aujourd’hui interprété par nos dirigeants à une époque où le monde subit une crise économique dont l’ampleur et la portée des conséquences sociales constituent un casse-tête pour tous ?

L’argent et le pouvoir acquis de manière frauduleuse et utilisés à des fins personnelles au détriment de l’intérêt général et parfois même contre le peuple, conduisent nos différents pays vers la catastrophe. On compare aujourd’hui les Etats-Unis à l’URSS d’avant son effondrement. Les Etats-Unis dont la monnaie était couverte par de l’or en 1932 sont aujourd’hui le pays le plus endetté au monde.

Il nous incombe donc de faire une prospection pour connaitre les causes réelles de cette crise multidimensionnelle.

Depuis quelques années, l’économie mondiale est plongée dans une crise inégalée. Et l’actualité internationale en a fait son miel quotidien. C’est à la suite du déclin de la bulle immobilière aux Etats-Unis d’Amérique, plus communément appelée la crise deSubprimes,quela finance internationale, fondée sur un capitalisme inhumain, a commencé à montrer ses limites. De jour en jour, la situation économique internationale va de pis en pire. Ce climat délétère se traduit par la fermeture des banques, par la cascade de plans sociaux et par la montée exponentielle du chômage. Pratiquement, toutes les contrées du monde occidental sont touchées de façon drastique par cette crise. Inutile de mentionner les pays pauvres ; ils vivent quotidiennement dans la crise, la crise est même devenue de la routine pour eux.
Pour comprendre cette crise, il faut un peu remonter au déluge. En effet, depuis plus d’un demi-siècle, l’économie mondiale est dirigée par un capitalisme immoral, caractérisé par la spéculation, l’usure, les jeux du hasard, ettutu quanti. Bref, la philosophie principale du système financier international est fondée sur la devise suivante : « l’argent amène l’argent ». Dans la quête aveugle du profit, les règles morales, éthiques et philosophiques censées protéger le commun des mortels sont reléguées au second plan. En corollaire de ce capitalisme odieux, l’économie internationale est ébranlée dans ses principes directeurs. Les grands argentiers, les banquiers et les spéculateurs, imbus de leur orgueil, croyant que le système financier ne s’écroulerait jamais, sont surpris. Un partie de la crise économique vient du déséquilibre de la balance commerciale américaine et de l'excédent chinois qui pousse les Etats-Unis à emprunter massivement aux chinois mais aussi aux Japonais et aux pays producteurs de pétrole. Autrement dit « une partie de la crise est due au déséquilibre entre une Amérique qui dépense et emprunte trop et une Chine qui consomme et importe trop peu ».

 Aujourd’hui, les conséquences de cette crise se font sentir dans les quatre coins de la planète. Et l’économie mondiale peine à se relever, en dépit des multiples mesures.

Cette crise a également montré l'absence de découplage entre les cycles économiques et financiers des pays développés et ceux du reste de la planète. En effet le ralentissement en Europe et aux États-Unis se transmet aux autres par le biais d'importations moindres  et de réduction des flux d'investissements. Par ailleurs la crise économique a entraîné une baisse des cours des matières premières (pétrole etc.) qui affecte notamment l'Argentine, une partie des pays d'Afrique et la Russie. Enfin ces pays sont également directement affectés par la crise financière d'une part parce qu'ils subissent les effets du resserrement du crédit, par les problèmes que connaissent leur système bancaire et par le fait que de nombreux pays qui ne disposent pas d'une monnaie considérée comme « sure » voient la crise financière se doubler d'une crise monétaire d'autant qu'ils ont parfois empruntés en devises étrangères. C'est notamment le cas de l'Islande avec sa crise financière de 2008  et de l'Ukraine, qui étaient fortement endettés à l'international en monnaie étrangère, ce qui les a rendu vulnérables à une dépréciation de leur propre monnaie.

 En sus de conséquences liées au commerce, à la production industrielle, à l’emploi, aux marchés financiers, au tourisme et au climat politique, la crise de valeur engendrée par la crise économique ne devrait pas être laissée en reste.

En effet cette crise morale a atteint son paroxysme à travers différentes manifestations. La tendance en est qu’aujourd’hui les gens ont une aversion au bien ou cherche par tous les moyens à rendre bien ce qui est mal, déclarant ainsi la guerre aux défenseurs des règles morales et éthiques en général. Un exemple patent pour ce qui nous concerne est le fait qu’on s’accorde aujourd’hui au Sénégal sur des expressions telles que : « la jalousie  des hommes de bien », utilisées dans le langage commun alors qu’on devrait parler de la « solidarité entre hommes de bien ». Bien évidement, La jalousie pour ne citer qu’elle, figure parmi les vices dont nous met en garde l’auteur de « Massalikul jinan » ou  « les itinéraires du paradis » notre vénéré maitre Khadimou Rassoul à travers ces vers :

« Souhaiter la disparition du bien d'un croyant est ce qu'on appelle le "hasad"" (la jalousie)C'est à dire s'il le souhaite seulement parce qu'il ne lui vaut pas du bien en aucun moment. Le jaloux s'attriste toujours et prend ombrage du bien de son frère ; il ne se réjouit qu'à le voir dans le malheur ».

 « Repens-toi d'avoir aimé ce qu'ALLAHt'a interdit et effectue de bonnes actions en égard à ton bienfaiteur. Prie pour lui en son absence et souhaite-lui du bien et non du mal ».

Cette crise des valeurs va de mal en pis, car lorsqu’on substitue le mal au bien et que les hommes de biens deviennent victimes de la jalousie, toute notre peur se justifie surtout à l’endroit des disciples qui leur sont soumis et qui mesurent leurs actes en faisant référence à ces maitres. C’est pour une pareille situation mais à une époque différente que le prophète venait en sauveur. L’interprétation voire l’incarnation de ce même rôle devrait être l’affaire des responsables moraux et chefs religieux. Ils doivent s’unir en resserrant les rangs car l’information par la presse reste une entrave alors qu’elle devrait constituer pour eux une arme sophistiquée. Ces chefs religieux ont leur rôle à jouer puisque en dehors de leur fonction d’enseignant ils sont porteurs de messages et doivent activement intervenir dans la vie sociale.

Il y a environ 1500 ans déjà le coran prédisait cet effondrement du capitalisme tout en donnant les causes profondes. On ne peut nier ainsi le fait que l’Islam soit une alternative capable de fournir des solutions qui dépassent le génie des économistes contemporains.

Un exemple illustratif serait la finance islamique.

Face à la persistance et à l’acuité de cette crise financière, qui ne cesse de faire des victimes collatérales de par le monde, ne faut-il pas penser à mettre en place un autre système financier fondé sur la morale et l’éthique ? La finance islamique, aux vertus humaines et morales, n’est–elle pas une alternative viable et pérenne à cette crise ? En effet, expérimentée vers les années 1970, même si les règles coraniques et les traditions prophétiques relatives à la finance sont posées il ya 1500 ans, la finance islamique n’est mise au goût du jour qu’à la suite de la montée du « panislamisme » et du « boom pétrolier ». Ainsi, au sommet de Lahore, en 1974, l’OCI décida du quadruplement des prix du pétrole, ce qui a abouti à la création de la première banque islamique basée à Djedda. Cette première institution a jeté la base d’un système financier fondé sur les principes islamiques. Depuis lors, l’engouement pour la finance islamique ne cesse de s’accroitre. Pendant une période relativement longue et pour des raisons cultuelles et culturelles, la finance islamique avait du mal à s’infiltrer dans les réseaux financiers internationaux, compte tenu de l’hostilité des pays occidentaux à ce modèle. Schématiquement, la finance islamique se définit comme « l’ensemble des modes de financement ayant adopté par les musulmans respectant l’interdiction de l’usure et de l’intérêt ». En termes clairs, ce modèle financier tire ses fondements du Coran et de la Sunna à travers certains versets : « Dieu a rendu licite le commerce et illicite l’intérêt » (le verset 275 de la sourate al baqarah). Le riba, c’est-à-dire l’usure est condamnée par le Coran aux chapitres 2 (sourate la vache), 3(sourate de la famille d’Imran), et 30 (sourate des Romains). Les hadiths prophétiques en font mention également.
Dans l’esprit de la finance islamique, toutes les parties à la transaction doivent se partager aussi bien les risques que les bénéfices. La rémunération de l’argent placé ne doit dépendre que de la rentabilité de l’actif financé. Toute rémunération déconnectée de la rentabilité de l’actif financé est à proscrire. Enfin, la finance islamique exige que les transactions soient fondées sur une activité réelle et licite. En conséquence, les secteurs comme celui de tabac, de l’alcool, du jeu de hasard, du sexe, de l’armement sont prohibés. Ces règles simples et claires qui vont à l’antipode de la spéculation, de l’usure, du « riba » constituent, à n’en pas douter, un remède à la situation cahotante que nous vivons.
Au-delà même de la fonction éthique de la finance islamique, elle est devenue incontournable en égard à son apport à l’économie mondiale. Les actifs sous gestion par des banques islamiques représentent prés de 700 milliards de dollars à travers le monde. Il y aurait, selon les études récentes, plus de 250 banques et institutions financières islamiques en activité, présents dans 75 pays ». Et le marché potentiel est estimé à 400 milliards de dollars. Le poids économique de ce marché commence à séduire les pays occidentaux. Le premier pays occidental à mordre à l’hameçon de cette finance est l’Angleterre. Il a aussi servi de Cheval de Troie pour introduire la finance islamique dans l’espace économique européen. La France, longtemps restée hostile à ce modèle, n’a plus de choix d’y adhérer pour deux raisons fondamentales ; par le nombre de clients potentiels (500.000) intéressés aux produits issus de la finance islamique et par la dictée de la mondialisation. Ainsi, le 18 décembre 2008, le Ministère des Finances et de l’Economie a adopté des textes fiscaux facilitant la promotion de cette finance.
Le quotidien officiel du Vatican,L’Obsservatorea publié un article surprenant vantant les mérites de la finance islamique. « [Pour l’occident en crise], Nous pensons que la finance islamique peut contribuer à la refondation de nouvelles règles pour la finance occidentale, vu que nous sommes confrontés à une crise qui est essentiellement une crise de confiance dans le système ».

Pour terminer, la Finance islamique peut constituer une alternative économique au système financier mondial en agonie. Elle est une véritable opportunité géopolitique. Si elle est acceptée, elle peut être un barrage au « soi-disant » « Choc des civilisations » dont Samuel Huntington fut le promoteur. Mieux, elle peut créer des liens commerciaux à travers la planète, entre l’occident et le monde musulman. Enfin, elle peut s’inscrire, selon l’expression de Montesquieu, dans la logique «du doux commerce », facteur de paix mondiale. La reconnaissance des vertus de la finance islamique mettra un peu de bémol dans les discours de ceux qui fantasment sur l’Islam sans connaitre cette belle religion. L’islam ne se résume pas seulement à l’activité de certains orthodoxes. D’ailleurs quelle religion est à l’abri de l’orthodoxie ?

Les musulmans ont toujours été des gens civilisés, vivant en harmonie grâce au respect des règles de la charia dans une société où l’on met l' homme qu’il faut à la place qu’il faut. Les gouverneurs des provinces conquis étaient de vaillants guerriers doublés d’un génie en stratagème  de même la trésorerie générale était confiée au temps du prophète à un des plus grands donateurs un homme de confiance Ousmane Boun Haffan. Cette Situation de  crise nous interpelle en tant que citoyen du monde et devrait nous inciter à réviser les bases d’une solidarité qui ne figure que de nom.

L’entraide, les partenariats, le renforcement des organismes islamiques et la fortification des hommes religieux doivent être les premières réactions. En effet victimes d’attaques récurrentes et multiformes visant à réduire l’impact de la religion musulmane les responsables moraux et chefs religieux constituent une sacrée cible pour les mécréants, très souvent de grands argentiers qui militent pour la grande diplomatie. Avec des milliers de disciples sous leur responsabilité, l’Etat obligent ces hommes religieux et apolitiques  à faire de la politique sous la menace de leur faire vivre un calvaire dans le cas contraire.

Rappelons-nous que le prophète recommanda à Abou Bakr qu’il fallait à tout prix surmonter la difficulté pour ensuite prétendre à la facilité puisqu’en cherchant la facilité on se heurte toujours à la difficulté.

La « grenade » circule entre les grandes puissances qui chacune cherche à se démarquer par peur de subir le même sort que les plus démunis. C’est Là même  l’explication de la persécution et de la répression dont sont victimes les immigrés considérés comme étant la cause principale de tout le malheur des européens.  

Il serait naïf de croire à l’égalité des hommes que prône bon nombre d’organismes internationaux car après le bombardement de Bagdad par l’armée américaine aucunes d’entre elles n’a daigner porter un quelconque secours aux sinistrés musulmans. Cependant elles ne manquent pas d’imagination pour venir en aide au peuple haïtien.  

Certaines ONG qui se cachent derrière la noble vocation d’aider la femme et l’enfant à s’épanouir mènent une critique farouche des textes sacrés du Saint Coran avec la complicité des islamologues corrompus.

En conclusion rappelons que l’heure est grave et on devrait en toute chose apercevoir DIEU :

« Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

1. Ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre glorifient Allah, et Il est le

Puissant, le Sage.

2. ô vous qui avez cru ! Pourquoi dites-vous ce que vous ne faites pas ?

3. C'est une grande abomination auprès d'Allah que de dire ce que vous ne faites pas.

4. Allah aime ceux qui combattent dans Son chemin en rang serré pareils à un édifice renforcé.

5. Et quand Moïse dit à son peuple : “ô mon peuple ! Pourquoi me maltraitez-vous alors que vous savez que je suis vraiment le Messager d'Allah [envoyé] à vous ? ” Puis quand ils dévièrent, Allah fit dévier leurs cœurs, car Allah ne guide pas les gens pervers.

6. Et quand Jésus fils de Marie dit : “ô Enfants d'Israël, je suis vraiment le

Messager d'Allah [envoyé] à vous, confirmateur de ce qui, dans la Thora, est antérieur à moi, et annonciateur d'un Messager à venir après moi, dont le nom sera “Ahmad”. Puis quand celui-ci vint à eux avec des preuves évidentes, ils dirent : “C'est là une magie manifeste”.

7. Et qui est plus injuste que celui qui invente un mensonge contre Allah, alors qu'il est appelé à l'Islam ? Et Allah ne guide pas les gens injustes.

8. Ils veulent éteindre de leurs bouches la lumière d'Allah, alors qu'Allah parachèvera Sa lumière en dépit de l'aversion des mécréants.

 9. C'est Lui qui a envoyé Son messager avec la guidée et la Religion de Vérité, pour la placer au-dessus de toute autre religion, en dépit de l'aversion des associateurs.

10.ô vous qui avez cru ! Vous indiquerai-je un commerce qui vous sauvera d'un châtiment douloureux ?

11. Vous croyez en Allah et en Son messager et vous combattez avec vos biens et vos personnes dans le chemin d'Allah, et cela vous est bien meilleur, si vous saviez !

12. Il vous pardonnera vos péchés et vous fera entrer dans des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, et dans des demeures agréables dans les jardins d'Eden ? Voilà l'énorme succès

13. et il vous accordera d'autres choses encore que vous aimez bien : un secours [venant] d'Allah et une victoire prochaine. Et annonce la bonne nouvelle aux croyants.

14. ô vous qui avez cru ! Soyez les alliés d'Allah, à l'instar de ce que Jésus fils de Marie a dit aux apôtres : “ Qui sont mes alliés (pour la cause) d'Allah ? ” –

Les apôtres dirent : “Nous sommes les alliés d'Allah”. Un groupe des Enfants d'Israël crut, tandis qu'un groupe nia. Nous aidâmes donc ceux qui crurent contre leur ennemi, et ils triomphèrent. » Coran sourate 61

Ses versets trouvent toute leur importance dans ce contexte chaotique où droits et privilèges sont refusés aux hommes religieux et par conséquent deviennent inaccessibles. Pourquoi n’a-t-on pas décerné un prix Nobel de la paix à Serigne Mourtada Mbacké lorsqu’il mit un terme au conflit qui opposa l’imam Khoumayn et le Président Reagan ? Sans aucun doute parce qu’il est le fils d’un grand défenseur des valeurs islamiques.

L’objectif est le même et la volonté commune. Unissons nos forces, et prenons l’assaut sur les forces maléfiques qui nous hantent.

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