الأربعاء 24 ربيع الأوّل 1439 Wednesday 13 December 2017

Pass Pass

Pass Pass (46)

 Une communauté n’est éminente que par la valeur de ses hommes et femmes. Qu’en est-il alors, quand la gloire de celle-ci découle d’un homme aussi parfait et incomparable que notre maître Mohamed (psl).

En effet la nature du Prophète élu n’est pas seulement héroïque et noble, elle est également si admirable qu’elle fut appréciée non seulement par les esprits humains, mais aussi par le Créateur lui-même, Qui, dans la sourate « Al-Qalam » (68) au quatrième verset, proclame : «  Wa-innaka la’ala khuluqin ‘azim » (Et tu es certes, d'une moralité éminente).

C’est en reproduisant les manières de faire du Prophète Mohamed (psl), qu’on arrive à avoir une personnalité respectable à tous les niveaux sociaux.

Il matérialisait la perfection dans tous ses faits et gestes. Ainsi lorsqu'il lui arrivait à  une chose qui lui plaisait, il disait : "Louange à Dieu dont seule la Grâce conduit toutes les choses à leur réalisation". Mais si la chose lui déplaisait, il disait : "Louange à Dieu en toute circonstance".

Hormis le plaisir que Cheikhoul Khadim éprouvait à formuler ses panégyriques exclusivement destinés à son bien-aimé le prophète Mohamed (PSL), toute sa vie était truffée d’épreuves et d’entraves de toute sorte. Tantôt il était encerclé de soldats prêts à tout faire pour le nuire, tantôt il se trouvait devant l’autorité coloniale, seul dans leurs bureaux sans personne pour l’assister.

Cheikhoul Khadim a enduré plus que quiconque une somme d'épreuves terribles et de souffrances pénibles pour accéder à l'enceinte scellée de Dieu. Encore une fois, s'il est vrai qu'un principe de base dans le monde du tassawuf ce sont les épreuves de foi qui apparaissent comme un leitmotiv, il demeure que dans le cas de Serigne Touba, celles-ci sont réellement paroxysmiques.

Que serait-il advenu de nous, du Sénégal des valeurs, de l’Islam en Afrique, si en ce 18 Safar Cheikh Ahmadou Bamba n’avait pas été volontaire pour hisser haut l’étendard de l’Islam face au projet colonial. Ainsi ce jour de Magal est celui de notre indépendance à tout jamais acquis, celui de la consécration dans l’islam sans pour autant oublier la restauration de la dignité de l’homme noir.

Nous assistons actuellement à un échec de toutes les théories et philosophies modernes concernant la vie en société. De la chute du marxisme au rejet du libéralisme après le recul du socialisme, nous voici face à une montée en puissance du nationalisme dans certains pays. L’échec est total. Il semble que toutes les manières de pensée la vie en communauté soient ballotées et le monde vit dans la tourmente.

Le Magal est d’abord un événement qui permet d’avoir une pensée pieuse pour les souffrances atroces subies par le Saint homme au bénéfice de son peuple meurtri. Si aujourd’hui nous pouvons festoyer dans la paix, c’est qu’un martyr a témoigné de sa foi en portant haut l’étendard de l’Islam dans les eaux troubles de la colonisation. En cela, il est l’archétype du Sadiquin, du Salihin et du Sahada réunis à l’aune du verset 69 de la sorate « An nisa » qui proclame : « wa man yuti i allaha wa ar rasula fa-ula-ika ma ‘a al –lazina an ama Allahu’ alaytim mina an nabiyina wa as siddiqina wa ash-shuhada-i wa salihina wa hasunaula-ika Rafiqaan » ( quiconque obéit à Allah et au messager, ceux-là seront avec ceux qu’Allah a comblés de Ses Bienfaits : les prophètes, les Véridiques, et les vertueux. Et quels bons compagnons que ceux-là).

À tout instant, Cheikhoul Khadim s'est distingué par son dévouement perpétuel à l'enseignement de la science utile (celle qui inspire au savant la crainte de Dieu, le Créateur des serviteurs) qui se manifeste d'ailleurs par l’ouverture d’innombrables Daaras et surtout l’écriture de milliers de livres. Même lors de l’exil, il ne cessa de réitérer cet appel à l’éducation. Dans une lettre adressée à partir du Gabon à son frère Cheikh Ibra Faty, il insiste : « J’ai ordonné à tous ceux qui me suivent pour l’amour d’Allah le Très Haut le Généreux d’apprendre les principes de base, le tawhid, les lois de la pureté, la prière, le jeûne et autres obligations qui incombent à ceux qui en sont capables… ».
Même après les deux exils qui correspondent à un état de réalisation spirituelle totale, il continua tout de même à exercer ses premiers amours d’éducateur. C’est ainsi que dans un rapport d’espionnage concernant ses agissements, un administrateur colonial  écrit objectivement : “ Le cheikh partage son temps entre la lecture, l’enseignement qu’il donne le plus souvent en plein air, se servant du sol sablonneux comme d’un tableau sur lequel il trace avec son doigt de petits schémas destinés à appuyer des démonstrations et à aider la mémoire de ses auditeurs ». (Lesselves, correspondance du 22 Octobre 1915.)
En définitive Cheikhoul Khadim, le savant noir s’est montré inégalable dans le domaine de la connaissance. Au demeurant s’il peut en être ainsi c’est que sa science orthodoxe est des plus pures, comme il le garantit lui-même dans Jazaoul Chakour (page 45): « il m’est parvenu du Savant, une science authentique et je ne rencontre point un facteur d’affliction à ce sujet».

Il est tant que nous musulmans d’abord, africains noirs ensuite saisissons la portée de l’œuvre de Cheikh Ahmadou Bamba et la plus belle des manières dont il nous a rendus fiers. 
De tout temps, dans l’odyssée des peuples, des personnes ont toujours été prédestinées à écrire les plus belles pages de I’ histoire. Ces individus s’immortalisent du fait de leur héroïsme ou courage, de la pertinence de leurs doctrines et préceptes ou de leurs hauts faits (...): bref du fait de leur contribution à l’épanouissement de la condition humaine.  Au demeurant, il arrive que leurs actions soient si hautement méritoires que leur personnage dépasse la mesure du temps et de l‘espace pour servir dans le domaine de l’universel.
C’est assurément le cas de ce Saint homme de Touba nommé Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké !
Il aura bien marqué I’ histoire du Sénégal des époques Mouhamadou Mbackiyou !
Toutefois, de par ses actions multiformes, il apporta une contribution hautement positive au rendez-vous du donner et du recevoir, se projetant ainsi au-delà de l’espace typiquement sahélien. Dés lors cette cette personne mérite plus d’être célébrée par les peuples noirs et spécialement le Sénégal.

En voyant une époque sombre comme la notre se profiler, où la quête de l’argent, du pouvoir et de la renommée occuperait une place très importante dans le quotidien des sociétés, Serigne Touba avait appelé au Djihadou Nafs afin de surmonter ces entraves qui font office d'obstacle sur le chemin qui mène à Dieu et à la paix intérieure.
Ces obstacles qui ponctuent nos vies se manifestent par des épreuves de toutes sortes que le Seigneur Tout Puissant affirme d'ailleurs dans le Saint Coran : « Et Nous vous éprouverons certainement par un peu de peur, de faim, de pertes de biens, de gens et de récoltes; mais annonçons la bonne nouvelle à ceux qui sont patients. » (Coran 2:155)
Ainsi, pour passer au travers de ces épreuves, dans cette vie de labeur et de luttes, la patience est essentielle.
Il s'agit de cette patience dont les compagnons élus du Prophète Mohamed  (PSL) et lui-même ont fait preuve lorsqu'ils ont subi toutes sortes d’attaques et de provocations avant leur triomphe de Badr; il y allait des lapidations, de l’exil en Abyssinie, des tortures, des invectives etc.
Serigne touba avait aussi fait de cette patience un principe essentiel dans sa quête et dans l'éducation des disciples. D'ailleurs Serigne Bassirou Mbacké témoigne à ce sujet que: " le Cheikh savait supporter maintes douleurs, braver les plus graves perils avec calme et patience sans se laisser aller à la colère, que pour plaire à Dieu. Il supportait l’effort. C’etait un plaisir pour lui de travailler continuellement en se donnant à sa tâche corps et âme. Il faisait preuve de générosité et de bonté dans le bonheur, de patience et de fermeté dans le malheur. Il affrontait les obstacles sans se soucier de personne”.

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