الإثنين 22 ربيع الأوّل 1439 Tuesday 12 December 2017

Netali Borom Ndame

Netali Borom Ndame (80)

Khadim Rassoul en lançant le concept de « Djihadou Ilm » avait clairement situé le seul domaine où la compétition méritait de se prévaloir. Dorénavant il ne s’agissait plus de se lancer dans une quelconque entreprise guerrière et violente, mais plutôt, pour le musulman, d’exceller dans l’action de recherche scientifique en ce qu’elle est la clé salvatrice permettant un épanouissement tant spirituel que temporel.
D'ailleurs le premier devoir que Dieu a ordonné à l’homme dans la logique de l’adoration est de s’instruire. La raison est simple: l’homme est doté de bon sens pour comprendre, appréhender, interpréter et dès lors croire avec conviction.
La science est ainsi un leitmotiv dans le Saint Coran. Nous pouvons relever entre autre une invocation qui lui est consacrée dans la sourate Taaha: « Et dis : ô mon Seigneur, fais augmenter ma science …».
Le prophète Mohammed (Psl), dans de nombreux hadiths, fait l’apologie de la connaissance et il n’hésite pas à reconnaitre que « Les savants sont les légataires des prophètes ». L’Elu de Dieu précise également que la « sagesse ajoute de la gloire à celui qui en a été élevé, jusqu'à ce qu’il atteigne les aptitudes des rois. »

Le meilleur des savants Mohammed (Psl) a dit aussi que la mort d’une tribu est plus facile à supporter que la mort d’un savant. Il fait aussi remarquer que  «Lorsque meurt un savant, une brèche se produit en Islam que ne peut colmater qu’un autre savant qui vienne lui succéder. » Quoi de plus normal alors que son Serviteur attitré Khadim Rassoul fit le vivificateur de cette pensée !

(...) C’est en sachant que le monde va un jour se secouer que le prophète Mohamed (SAW) dixit :"Attachez-vous donc à ma Sunna ainsi qu’à la Sunna des califes bien guidés qui me succéderont. Agrippez-vous-y bec et ongles !"

Ainsi nous pouvons apprendre que lorsqu'il lui arrivait une chose qui lui plaisait, il disait : "Louange à Dieu dont seule la Grâce conduit toutes les choses à leur réalisation"; par contre si la chose lui déplaisait, il disait : "Louange à Dieu en toute circonstance".
Quand on lui présentait le premier fruit, il le posait sur ses yeux puis sur ces lèvres et disait : "Grand Dieu, comme tu m'as offert son premier, offre-moi son dernier ", puis il le donnait aux enfants qui se trouvaient auprès de lui.(Rapporté par At-Tabarani d'après ibn Abbas)
Quand il se couchait la nuit, il mettait sa main droite sur sa joue et disait : "Grand Dieu c'est en prononçant ton nom que je dois vivre ou mourir". Quand il s'éveillait, il disait : "Louange à Dieu qui nous fait revivre après nous avoir fait mourir, c'est auprès de Lui qui aura la Résurrection".(Rapporté par Al-Boukhari)
Quand il se plaignait (d'un mal), l'ange Gabriel l'exorcisait par ces mots : "Au nom de Dieu qui te rétablit, te guérit de toute maladie, contre le mal de l'envieux lorsqu'il porte envie, et du mal de celui qui a mauvais œil".
Quand il lui arrivait une chose de bien, il se prosternait en signe de reconnaissance à Dieu. (Rapporté par ibn Majah d'après Abi Bikra)
Quand il se trouvait seul avec ses femmes, il était le plus tendre des hommes, et le plus généreux, riant et souriant.(Rapporté par ibn Assaker d'après Aïcha)
Quand il entrait au marché, il disait : "Au nom de Dieu, O Seigneur, je te demande le bien de ce marché, et le bien que je peux obtenir, je me réfugie auprès de toi contre le mal de ce marché et le mal qui peut m'y arriver. Ô Seigneur, je te demande protection contre un faux serment que je peux entendre, et contre toute mauvaise affaire". (Rapporté par At-Tabarani d'après Abi-Bourayda)

Des lors, connaitre sa personnalité favorise une vie meilleure. Aussi appliquer ses enseignements au niveau de la cite permet de vivre mieux.

Ainsi, dans ce monde en détresse, seule l’application de la Sunna du Prophète peut nous sauver. Car n’oublions pas que le Prophète Mohammed était aussi un père de famille, un commerçant au marché, un chef d’état avec des missions diplomatiques, un général de guerre dans l’armée. Ces divers rôles avaient pour but de nous montrer le chemin à suivre pour résoudre tout problème d’ordre économique, social, politique.

De ce fait, le prophète Mohamed (SAW), fut envoyé par Allah afin de guider l’humanité toute entière. Allah l’envoya à une période où les hommes avaient le plus grand besoin de la lumière de [Son] message. Par lui, Il répandit la guidée après l’égarement, l’union après la division et la richesse après la pauvreté.

Khadimou Rassoul, notre Maître, a très tôt fait allégeance au prophète de DIEU (PSL) dans l’unique but de lui vouer un service sans précédent comme il le dit dans un de ses poèmes : « J’ai fait allégeance au prophète de DIEU sans l’avoir vu au préalable et ce n’est qu’après avoir fait de son service ma priorité que j’ai atteint mon but ».
Après huit années de retraite spirituelle dans sa demeure située à Daroul Quouddous à Touba où il s’adonna à la méditation et à l’adoration de DIEU, il eut une vision du prophète: cette rencontre a eu lieu au cours des dix derniers jours du mois de Ramadan de l’an 1313 après l’Hégire.
Khadim Rassoul lui fît part de sa volonté d’être considéré, en terme de rang spirituel, parmi ceux qui combattaient  en faveur l'islam le jour de Badr et d’être l’unique détenteur du commandement des troupes. Le prophète avec l’accord de son Seigneur exauça son vœu sur la base de conditions que furent :
« ne jamais se coucher sur un lit »,
« ne jamais regarder le ciel»
« ne jamais balancer les bras en marchant »
« ne jamais chercher à se débarrasser même d’une  fourmi, par un simple geste de la main »
« ne jamais discuter de choses mondaines »
« être pendant longtemps livré à ses ennemis contemporains dans le supplice, sans jamais se plaindre»
Cheikhoul Khadim laissa entendre qu’il fut près à subir les épreuves.
C’est pourquoi à la fin de l’observation du jeun pendant le mois de Ramadan il rejoignit «Mbacké BARY » dans le djoloff pour  se préparer, car la protection divine sous laquelle fut placée TOUBA risquait de compromettre le déroulement des événements conformément à sa volonté.

Malgré le fait que Cheikhoul Khadim ait été de tous temps un artisan infatigable et inconditionnel de la paix, les colons ont toujours usé de tous les moyens dont ils disposaient pour ternir son image et justifier ainsi l'acharnement infondé qu'ils exerçaient sur le Saint Cheikh.
Ainsi dans le courant de la crise de 1903 qui les opposaient suite à des rumeurs qui attribuent au Cheikh des ambitions de guerre sainte, les colons ont envoyé chez lui un espion qui avait été détecté par Serigne Touba dès son arrivée.  L'espion, du nom de Oumar Niang, se comportant comme un disciple, fouilla le village sans succes pour decouvrir cette  fameuse cache d’armes rapportée par les rumeurs. Le Cheikh bien au courant de ses activitès  d’espionnage , le laissa aisé dans sa cour . Et lorsqu’il vint se présenter à lui en derniere  instance Chiekhoul Khadim lui fit comprendre qu'il été au courant de ses manigances avant de lui affirmer clairement ses intentions : . « J’ai fais allégeance à Dieu Le Tout Puissant . Même si le “Madihou” descendait aujourd’hui sur la terre pour entamer sa croisade révélée contre “Massihou Dadial” et qu’il me demande de l’aider, je ne pourrais rien faire pour lui.  Je ne tuerai ni un scorpion ,  ni un serpent,  ni quoi que ce soit qui ait une âme .  La route que j’ai prise m’interdit formellement de tirer ou de faire tirer des coups de fusil sur des creatures de Dieu”.

Le Grand Magal ne célèbre pas le retour victorieux de Cheikhoul Khadim mais plutôt le jour de départ de celui-ci pour une odyssée d’où personne n’est revenu vivante. Pour notre Guide le prélude des épreuves est plus que significatif. Par cela il  attire notre attention sur le phénomène des épreuves qui restent une constance dans la religion et par-delà, l’attitude à adopter face à cet état des faits.

En effet un trait dans l’Islam est la somme d’épreuves douloureuses qui s’acharnent sur les musulmans parfois pour vivifier leur foi, tester leur patience et leur confiance en Dieu. Allah en dispose lorsqu’ ‘Il dit aux versets 155 et 156 de la sourate Al bakhara : " Très certainement, Nous vous mettrons à l'épreuve par un peu de peur, de faim et de diminution de biens, de personnes et de fruits. Et faisons la bonne annonce aux endurants, (2 :155) qui disent, quand un malheur les atteint : "Certes nous sommes à Allah, et c'est à Lui que nous retournerons". (2 :156)

Au-delà, ces épreuves ne réussirent jamais à ébranler son aspiration à la paix. Celle-ci constituait à tout moment son leitmotiv et la recherche de cette paix déterminait toutes ses actions. 

Le fait qu’il quitta Tôt ses terres de Touba et Darou Salam  pour Mbacké Barri doit nous faire réfléchir sur sa volonté à ne pas exposer les populations à une quelconque violence. Il  préféra aller à la rencontre de l’escadron de la mort sans escorte pour encore ne pas les exposer et une telle initiative doit faire réfléchir plus d’un se battant pour une cause dans le Sénégal et le monde   !

L’initiative de paix et de non- violence fut un idéal démontré tous les jours. Ainsi à Alboury Ndiaye qui lui proposait la guerre sainte pour venir à  bout des toubabs, il répondit: " Je ne suis pas venu sur terre pour verser le sang de mes semblables. Je suis le serviteur du Prophète, le vivificateur de son enseignement et le libérateur des hommes. J’extirperai la haine des cœurs et j’affranchirai mon peuple des chaînes de l’esclavage, des tentations de Satan et des futilités de ce bas monde."

Serigne Khadim Gaydel Lô

Dans les témoignages arabes le concernant, Mohammed Al Yusifi témoigne” (...”) Il veille avec la nuit mais la nuit a tant duré que l’étoile et le matin en sont devenus obscures.” Le Religieux Bâb renchérit dans un de ses poèmes à l’ endroit du cheikh qu’ “Il veille nuit après nuit ; toutes les nuits sont pour lui la nuit du destin.

Sur ce domaine Bukhari et Muslim nous racontent que selon Aicha “le Prophète se levait pour prier si longtemps que ses pieds enflaient.  Je (Aicha) lui ai dit “Prophète pourquoi agis-tu ainsi car Dieu t’a pardonné tes fautes passées et futures? Il me répondit “Ne suis je pas un adorateur reconnaissant.

Le Cheikh fut des lors de même.

...Tous les marabouts de l’Afrique Occidentale Française furent sans exception convoqués à St-Louis afin d'anéantir l'islam dans les colonies...

C'est devant le Conseil Privé à la date du 5 Septembre 1895 que Cheikhoul Khadim proclama les préceptes de bases du Djihadoul Akbar après avoir effectué une prière de deux "rakkas" dans le bureau où l'audience se passait en présence de ceux qui voulaient tuer la religion. Devant les oppresseurs Serigne Touba s'exprime en ces termes : « Si vous dites que je fais la guerre sainte, je vous donne raison. Mais je la fais par la science et la crainte révérencielle de Dieu... ». Cette guerre est assurément la grande guerre car le Prophète Mohamed(PSL) aurait bien dit dans un Hadith rapporté par Shaaboul Bayhaqi que « Le combattant de la foi n’est pas celui qui tranche des ennemis mais celui qui combat son âme en vue d’une perfection spirituelle ».
C'est par la suite que Cheikh Ahmadou Bamba fut jeté dans la cage du lion, (suite son refus de signer le traité des colonisateurs). A la grande surprise des colons, le fauve devint aussi inoffensif qu’un mouton, comme si la bête voyait en Khadimou Rassoul l’image du Maître bien aimé. Ce dernier donna du pain et des dattes au félin comme le ferait n’importe quel maître pour récompenser l’obéissance d’un animal apprivoisé.
Serigne Touba dixit à ce propos :
« J’ai dépensé dans le sentier de DIEU ce qui m’a valu qu’un lion même affamé s’immobilise et devient docile devant ma modeste personne ».
Khadimou Rassoul rejoignit les quatre-vingt autres marabouts qui attendaient toujours, vu que les trois premiers, Serigne koky Ahmadou Yala Diop, Serigne Maka Birama Khaly et Serigne Balla Thiokèt furent tué par le lion. Ils furent tous impressionnés de le retrouver intact...

Serigne Khadim Gaydel Lô

La notoriété de Cheikhoul khadim lors de son deuxième voyage en pays Arabo-berbères fut notoire.  Un intellectuel de la ville sainte du Prophète Médine   Cheikh Al Madani s’était chargé de faire le tour des pays musulmans pour observer l’état de l’Oummah et faire des témoignages. Dans un de ses écrits il authentifie :

“ …il n y’avait dans le campement maure ou l’on m’avait offert l’hospitalité,  à L’Est de la Mauritanie de nombreux hommes de piète , d’érudits et de lettres .Un homme revenait souvent dans les causeries .On louait la vertu de l’homme en question .On disait toute sorte de bien à son égard .On aurait pu dire que la bonté pieuse de cet homme alimentait la muse des poètes maures .Rarement je fus introduit dans un campement maure sans trouver les gens entrain de deviser cet homme de piété dont la renommée fait couler beaucoup de salive .Les cœurs étaient émus et pleins de tendresse pour lui dans les causeries .Je demande alors aux maures de me dire qui était ce homme cet homme dont  le nom revenait sans cesse souvent dans tous palabres et obtint cette réponse “cet  homme est extraordinaire .Il habite le pays des noirs …(cheikh Ahmadou Bamba)”

Serigne Khadim Gaydel Lô

"Cheikhoul Khadim a porté à notre connaissance que bien qu'ayant séjourné sur terre, ce bas monde n'a jamais été une finalité ou une source quelconque de motivation pour lui. Aussi grandiose puisse être son œuvre, Serigne Touba l'a accompli pour notre salut dans l'au-delà.

A notre niveau, nous qui sommes les principaux bénéficiaires de ses acquis, nous n'avons qu'une seul et unique obligation, c'est de servir Khadim Rassoul inconditionnellement. N'oublier jamais que nous sommes disciples de Serigne Touba et il ne peut pas en être autrement.
Soyez conscient du fait que rien ni personne n'est comparable à notre maitre Khadim Rassoul.
Ceci étant, le privilégié qui est compté parmi les disciples de ce Seigneur hors norme ne doit ménager aucun effort dans le cadre de son éducation personnelle afin de devenir meilleur au jour le jour; ne serait-ce que pour deux raisons.
Premièrement, du moment où la chose la plus précieuse que vous pouvez donner à Serigne Touba c'est votre propre âme, alors faites en sorte qu'elle soit dans les conditions les plus adéquates au moment de l'offrande.
En second lieu, Serigne Touba avait affirmait que, accompagné de son entourage qui est pur, il fera l'apologie de la "sounah" (tradition prophétique) au point qu'elle devienne universelle. Cette entourage pur dont le fondateur du mouridisme fait allusion, n'est autre que nous qui sommes ses disciples.

Par conséquent, où qu'il puisse être, le disciple mouride a l'obligation de faire la fierté de l'islam et l'honneur du prophète Mohamed (saw).
Cela doit notamment passer par une purification continue sur le plan interne comme externe, le tout dans la droiture et surtout dans l'adoration de Dieu. "

Serigne Khadim Gaydel Lô

Le découpage géographique de Touba lors de sa fondation et l'organisation des disciples nous montre certes, la grande importance du rôle que Serigne Touba accorde aux "dieuwrines" dans son entreprise divine. C'est d'ailleurs à ceux-ci (Cheikh Ibra Fall, Serigne Ndame Abdourahmane Lô, Serigne Massamba Diop Sam et Cheikh Ibrahima Sarr Ndiagne) que le Cheikh avait confié tout ce qui se rapportait à l'instruction coranique des disciples, à leur apprentissage des sciences religieuses et à leur éducation spirituelle ("tarbiya").
Il en était ainsi jusqu'à la naissance de Serigne Mouhamadoul Amine Bara Mbacké. Ce fut le moment choisi par Cheikhoul Khadim pour libérer ses quatre "dieuwrines" et les élevé au rang de Cheikh.
Serigne Touba s'en alla, par la suite, fondé Darou Khoudoss et Darou Miname. Il passait ses journées entre ces deux localités.
De ce fait, Serigne Touba venait à Darou Khoudoss au petit matin, il en repartait après la prière du  milieu de journée (tisbar) pour regagner Darou Miname jusqu'à la fin de la journée. C'est ainsi qu'il regagnait sa demeure sise à l'actuel Touba Mosquée pour y passer la nuit. Tel était le quotidien du Cheikh en cette période où il fondait Touba la sainte.

Serigne Khadim Gaydel Lô

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