الجمعة 29 المحرّم 1439 Saturday 21 October 2017

Netali Borom Ndame

Netali Borom Ndame (73)

Khadimou Rassoul quitta sa demeure sis à Mbacké Bary dans le Djoloff à l'aube du samedi 18 SAFAR 1313 et arriva à Jewol dans l’après-midi, pour y trouver les soldats détachés pour sa capture. Ils furent désemparés à sa  rencontre au point qu’ils se précipitèrent tous vers leur commandant. Cheikhoul Khadim  profita de l’occasion pour célébrer la seconde prière obligatoire de l’après-midi (Al Asr), avant de s’entretenir avec le commandant. La volonté du Cheikh était de passer la nuit à Jewol, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle il tourna sa face vers la Kaaba en prononçant cinquante fois la formule « Basmalla ». Il fut exaucé car le commandant fut aussitôt tourmenté et s’occupa d’autres choses laissant ainsi à Khadimou Rassoul l’opportunité de passer la nuit en ces lieux. Parmi les soldats, il y’en avait un qui eut une volonté ferme d’entretenir une relation courtoise avec le Cheikh, qui semblait pourtant être leur captif. Il s’appelait Serigne Omar Ndiaye et habitait à Goundioura Ndiaye.  Khadimou Rassoul eut pour lui une grande estime.

Devant les accusations infondées qu’il subissait et face à l’entreprise infernale des colonisateurs qui voulait sa disparition, Cheikh Ahmadou Bamba voyait, des options s'offrir à lui.

L’une aurait pu être  de continuer à s'esseuler solitairement tout en faisant fi des turpitudes de ce  monde immédiat. Pour le Cheikh cela équivaudrait certainement à ne pas s'occuper des souffrances des populations ; ce qui n’était pas dans son caractère.

Dans l'histoire de l'humanité les prophéties ont toujours rencontré des résistances très farouches de la part des peuples à qui elles étaient destinées et qui ont bâtis leurs civilisations sur des fondements polythéistes ou barbares. Sur ce que nous pouvons retenir, aucun prophète n'a échappé au rejet et au dénigrement des siens. Ainsi de Noé à Moïse en passant par Insa (Jésus) pour en venir à Mohammed,  personne n'a pu échappé à l'opposition des mécréants. 
De ce fait, la dernière prophétie qui nous est parvenu par Mohammed (psl) a connu, durant les prémices de sa propagation, des oppositions sanglantes. Le Prophète (psl) fut tellement persécuté dans sa Mecque natal qu'il reçu l'ordre de la Divinité de s'exiler à Médine avec le nombre limité de croyants qui ont répondu à l'appel. Ceci dit l'exil n'a pas été sans conséquences car les musulmans, pour sauver leurs vies, ont du partir en laissant toutes leurs richesses matérielles aux mains des mécréants plus nombreux et plus puissants.
La deuxième année de l'Hégire, l'an 624 (après J-C), le Prophète reçu du Tout-Puissant l'ordre d'attaquer la caravane commerciale mecquoise qui faisait le trajet entre la Mecque, sham (actuel Syrie) et Yémen, afin que les musulmans se fassent justice après s'être fait dépouillé par les mécréants au moment de l'exil. Quand le prophète Mohamed (psl) en informa les siens, les ansarious et les mouadjirinas se sont portés volontaires pour aller au combats. C'est ainsi l'ensemble des musulmans réuni et prêt à attaquer la caravane qui faisait le nombre de 313.
Ladite caravane qui était sous la responsabilité d'Abou Sofiane englobait une importante partie de la richesse des habitants de la Mecque car le commerce caravanier était à l'époque l'activité économique principal et tout le monde y investi.
Abou Sofiane, ayant écho de l'attaque qui se préparait dévie la caravane et envoi un émissaire à la Mecque du nom de DamDam ibn khamarine wal khawariyou. Dès que la nouvelle fut répandu les mecquois se sont armés et sont aller à la rencontre de Abou Sofiane afin de présenter une opposition face à l'armée musulmane. Ils furent pas moins d'un millier dont une centaine de cavaliers. 
Les deux armées firent face près des puits de la localité de Badr d'où l'appellation de cette guerre si symbolique.
Le Prophète (psl) avait reçu ce jour là un soutient considérable venu des cieux de 3000 anges dirigés par l'ange Gabriel chevauchant sa célèbre  monture: Khaysoum.
Comme nous l'indique Cheikh Ahmadou Bamba dans ses poèmes tel que Jazbou ou encore Mimiya  la bataille fut âpre.

Dans ses vers, Khadim Rassoul nous exprime à quel point les croyants étaient vaillant et déterminé, à quel point les mécréants ont regretté Badr, mais également à quel point le prophète Mohamed (psl) était un meneur incontestablement parfait; d'où la prose suivante:"Il (le prophète) apparu telle une pleine lune à Badr" mimiya.
Le déséquilibre des troupes en terme de personnes avait été largement compensé par l'apport de l'armée céleste dirigé par l'ange Gabriel. Le combat fut tellement âpre que le ciel était recouvert de poussière au point qu'on ne voyait rien. Les seul chose perceptible par l'ouïe furent le bruit des sabres et le cris des chevaux.
Ce fut le jour des guerriers comme nous le souligne Serigne Touba dans Jazbou car il était question de donner sa vie pour la face de Dieu.
C'est ainsi que le Tout-Puissant assura à son élu le plus pur et à ses vaillants compagnons, une brillante victoire qui symbolise celle de la vérité sur le mensonge, celle de la lumière sur l'obscurité.

Après un exil en Afrique central, Cheikh Ahmadou Bamba faisait son grand retour au pays, parmi les siens, emmenant avec lui des distinctions et privilèges que Dieu n'avait jamais accordé à une créature. 
Suite à son arrivée à la capitale sénégalaise de l'époque, Saint-Louis, Khadimou Rassoul pris la direction du sud pour regagner son fief dans le Baol. Il fit son premier escale à Ndame Sanôssi, lieu de résidence de l'un de ses  grands disciples: Serigne Siré Lô. Sa venue à Sanôssi coïncidait avec le cinquième jour du mois de ramadan et le Cheikh avait initialement prévu d'y passer trois jours avant de continuer son chemin. Cependant, par le biais de l'ange Gabriel, Dieu lui dit de rester sur ces terres bénites de Ndame, sur lesquelles le Coran est vivifié comme nul part ailleurs, jusqu'à la fin du jeûne. 
Le Cheikh appela Serigne Siré Lô et lui fit part de la bonne nouvelle. La joie et la reconnaissance de ce dernier fut si grande qu'il ne cessa d'exprimer sa gratitude à Serigne Touba. 
Par la baraka du Cheikh, Serigne Siré Lô parvint à assurer un festin royal à tous les hôtes durant l'intégralité du séjour, à l'heure de la rupture du jeûne. Ainsi chaque jour, le menu était composé de chameaux, de bœufs, de moutons et de chèvres. 
Durant le séjour, l'ensemble des peuples de Ndame se sont retrouvé chez Serigne Siré à Sanôssi, comme ce fut le cas d'ailleurs avec d'autres grands disciples du Cheikh. 
La liesse et l'allégresse qui animait le quotidien de ces peuples, en cette période était inexplicable, Serigne Moussa Ka le dit par ailleurs dans ses écrits. 
A la nuit de la destinée (leylatoul Qadr) Serigne Touba rassembla l'ensemble de mes aïeuls de Ndame et leur dit: "Rendez grâce à Dieu le Tout-Puissant car Il m'a fait savoir que vous (qui portez le nom "LÔ") et vos disciples n'aurait jamais à supporter les supplices de la tombe causés par les deux anges Mounkir et Nakir."
Khadim Rassoul confirma ses propos le jour de la korité en leur disant: "Ô peuples des Ndames soyez heureux car les flammes de l'enfer ne vous verront jamais".
D'ailleurs Serigne Moussa Ka en a fait un long récit dans lequel il atteste que leur fête de korité était plus agréable que le paradis...

Le 10 Aout 1895 (samedi 4 safar 1313), l’histoire des peuples aura retenu qu’on fit au Cheikh une injustice terrible en voulant envahir ses terres, conquises uniquement « pour l’adoration de Dieu et l’enseignement ». Son seul tort fut de se présenter comme l’esclave exalté de Dieu et le serviteur à demeure de son Prophète-élu(PSL). On lui fit ainsi un procès d’intention en se basant sur des supputations. Cependant, il restera stoïque face aux événements, faisant de la confiance en Dieu sa muraille. En tout état de cause, les réponses qu’il soumit au conseil privé réuni, ou le calme dont il fit preuve dans le « safinat al barr » (vaisseau vers Dakar) alors que les colons  complotaient pour sa perte, sont des preuves irréfutables de sa vaillance. Qu’importe alors le cachot étroit de Dakar ou l’hostilité de ce capitaine de bateau lors de la traversée de l’océan, Cheikhoul khadim ne sacrifia jamais son idéal sur l’autel de la compromission.
En cela, il est l’archétype du Sadikhiine , du Salihine et du Sahada réunis à l’aune du verset qui proclame : wa man yuti illaha wa ar rasula fa-ula ika ma ‘a al –lazina an ama Allahu’ alaytim mina an nabiyina wa as siddikhina wa ash-shuhada-i wa salihina wa hasunaula-ika Rafikhaan ( quiconque obéit à Allah et au messager, ceux-là seront avec ceux qu’Allah a comblés de Ses Bienfaits : les prophètes, les Véridiques, et les vertueux. Et quels bons compagnons que ceux-là (sourate an nisa 4:69).

Au Messager d'Allah a été accordé des miracles comme aucun autre Prophète, ceci afin que les gens de tous les temps puissent être témoins du rang et de l'honneur accordés a son égard. C’est Dieu le Tout Puissant par Sa Grâce qui voulut que les pierres disent leurs bénédictions sur lui. Lorsqu’il marche une nuée le suivait pour le protéger de la chaleur. C’est aussi par la Grâce Divine que le bien aimé Messager avait une sueur tellement aromatisée que les gouttes étaient collectées par ses compagnons et utilisées comme parfum.

J’invite l’humanité toute entière à  regarder de plus près l’engagement dont à fait preuve Cheikh Ahmadou Bamba durant l’exil, autant d’épreuves et de sacrifices surmontées avec bravoure et abnégation pour la plus noble des causes : le salut de tous les peuples.

Sachons ainsi que c’est dans l’isolement et la solitude, sans une quelconque assistance devant ces innombrables obstacles, que Khadim Rassoul a lutté, non pas pour sa personne ni pour son peuple uniquement, mais pour que toutes les sociétés partout dans le monde puissent trouver le salut dans ce vaste champ qu’il aura lui seul réussi à défricher. Ces millions de personnes toutes races confondues, toutes nationalités mélangées,  qui célèbrent ensemble dans la fraternité et la joie le Grand Magal de Touba, sont la preuve qu’Il est un bienfait destiné à  toute l’espèce humaine.
Hormis le plaisir qu’il éprouvait à formuler ses panégyriques exclusivement destinés à son bien-aimé le prophète Mouhamed (PSL),  toute sa vie était truffée d’épreuves et d’entraves de toute sorte, tantôt encerclé de soldats prêts à tout faire, tantôt devant l’autorité coloniale, seul dans leurs bureaux sans aucune assistance. De Jéwol à Dakar il aura tout enduré.
Les conditions climatiques dans les lointaines contrées où il fut déporté étaient épouvantables: un froid insupportable, l’humidité et la chaleur des tropiques, la brise maritime très corrosive, tant de souffrances qu’il a endossé pour l’humanité toute entière.
Je crois que son exemple est notre meilleure  leçon de solidarité et devrait inciter chacun de nous à œuvrer pour que règne la paix, pour que   l’équilibre social à travers le monde entier soit une réalité…

Khadim Rassoul en lançant le concept de « Djihadou Ilm » avait clairement situé le seul domaine où la compétition méritait de se prévaloir. Dorénavant il ne s’agissait plus de se lancer dans une quelconque entreprise guerrière et violente, mais plutôt, pour le musulman, d’exceller dans l’action de recherche scientifique en ce qu’elle est la clé salvatrice permettant un épanouissement tant spirituel que temporel.
D'ailleurs le premier devoir que Dieu a ordonné à l’homme dans la logique de l’adoration est de s’instruire. La raison est simple: l’homme est doté de bon sens pour comprendre, appréhender, interpréter et dès lors croire avec conviction.
La science est ainsi un leitmotiv dans le Saint Coran. Nous pouvons relever entre autre une invocation qui lui est consacrée dans la sourate Taaha: « Et dis : ô mon Seigneur, fais augmenter ma science …».
Le prophète Mohammed (Psl), dans de nombreux hadiths, fait l’apologie de la connaissance et il n’hésite pas à reconnaitre que « Les savants sont les légataires des prophètes ». L’Elu de Dieu précise également que la « sagesse ajoute de la gloire à celui qui en a été élevé, jusqu'à ce qu’il atteigne les aptitudes des rois. »

Le meilleur des savants Mohammed (Psl) a dit aussi que la mort d’une tribu est plus facile à supporter que la mort d’un savant. Il fait aussi remarquer que  «Lorsque meurt un savant, une brèche se produit en Islam que ne peut colmater qu’un autre savant qui vienne lui succéder. » Quoi de plus normal alors que son Serviteur attitré Khadim Rassoul fit le vivificateur de cette pensée !

(...) C’est en sachant que le monde va un jour se secouer que le prophète Mohamed (SAW) dixit :"Attachez-vous donc à ma Sunna ainsi qu’à la Sunna des califes bien guidés qui me succéderont. Agrippez-vous-y bec et ongles !"

Ainsi nous pouvons apprendre que lorsqu'il lui arrivait une chose qui lui plaisait, il disait : "Louange à Dieu dont seule la Grâce conduit toutes les choses à leur réalisation"; par contre si la chose lui déplaisait, il disait : "Louange à Dieu en toute circonstance".
Quand on lui présentait le premier fruit, il le posait sur ses yeux puis sur ces lèvres et disait : "Grand Dieu, comme tu m'as offert son premier, offre-moi son dernier ", puis il le donnait aux enfants qui se trouvaient auprès de lui.(Rapporté par At-Tabarani d'après ibn Abbas)
Quand il se couchait la nuit, il mettait sa main droite sur sa joue et disait : "Grand Dieu c'est en prononçant ton nom que je dois vivre ou mourir". Quand il s'éveillait, il disait : "Louange à Dieu qui nous fait revivre après nous avoir fait mourir, c'est auprès de Lui qui aura la Résurrection".(Rapporté par Al-Boukhari)
Quand il se plaignait (d'un mal), l'ange Gabriel l'exorcisait par ces mots : "Au nom de Dieu qui te rétablit, te guérit de toute maladie, contre le mal de l'envieux lorsqu'il porte envie, et du mal de celui qui a mauvais œil".
Quand il lui arrivait une chose de bien, il se prosternait en signe de reconnaissance à Dieu. (Rapporté par ibn Majah d'après Abi Bikra)
Quand il se trouvait seul avec ses femmes, il était le plus tendre des hommes, et le plus généreux, riant et souriant.(Rapporté par ibn Assaker d'après Aïcha)
Quand il entrait au marché, il disait : "Au nom de Dieu, O Seigneur, je te demande le bien de ce marché, et le bien que je peux obtenir, je me réfugie auprès de toi contre le mal de ce marché et le mal qui peut m'y arriver. Ô Seigneur, je te demande protection contre un faux serment que je peux entendre, et contre toute mauvaise affaire". (Rapporté par At-Tabarani d'après Abi-Bourayda)

Des lors, connaitre sa personnalité favorise une vie meilleure. Aussi appliquer ses enseignements au niveau de la cite permet de vivre mieux.

Ainsi, dans ce monde en détresse, seule l’application de la Sunna du Prophète peut nous sauver. Car n’oublions pas que le Prophète Mohammed était aussi un père de famille, un commerçant au marché, un chef d’état avec des missions diplomatiques, un général de guerre dans l’armée. Ces divers rôles avaient pour but de nous montrer le chemin à suivre pour résoudre tout problème d’ordre économique, social, politique.

De ce fait, le prophète Mohamed (SAW), fut envoyé par Allah afin de guider l’humanité toute entière. Allah l’envoya à une période où les hommes avaient le plus grand besoin de la lumière de [Son] message. Par lui, Il répandit la guidée après l’égarement, l’union après la division et la richesse après la pauvreté.

Khadimou Rassoul, notre Maître, a très tôt fait allégeance au prophète de DIEU (PSL) dans l’unique but de lui vouer un service sans précédent comme il le dit dans un de ses poèmes : « J’ai fait allégeance au prophète de DIEU sans l’avoir vu au préalable et ce n’est qu’après avoir fait de son service ma priorité que j’ai atteint mon but ».
Après huit années de retraite spirituelle dans sa demeure située à Daroul Quouddous à Touba où il s’adonna à la méditation et à l’adoration de DIEU, il eut une vision du prophète: cette rencontre a eu lieu au cours des dix derniers jours du mois de Ramadan de l’an 1313 après l’Hégire.
Khadim Rassoul lui fît part de sa volonté d’être considéré, en terme de rang spirituel, parmi ceux qui combattaient  en faveur l'islam le jour de Badr et d’être l’unique détenteur du commandement des troupes. Le prophète avec l’accord de son Seigneur exauça son vœu sur la base de conditions que furent :
« ne jamais se coucher sur un lit »,
« ne jamais regarder le ciel»
« ne jamais balancer les bras en marchant »
« ne jamais chercher à se débarrasser même d’une  fourmi, par un simple geste de la main »
« ne jamais discuter de choses mondaines »
« être pendant longtemps livré à ses ennemis contemporains dans le supplice, sans jamais se plaindre»
Cheikhoul Khadim laissa entendre qu’il fut près à subir les épreuves.
C’est pourquoi à la fin de l’observation du jeun pendant le mois de Ramadan il rejoignit «Mbacké BARY » dans le djoloff pour  se préparer, car la protection divine sous laquelle fut placée TOUBA risquait de compromettre le déroulement des événements conformément à sa volonté.

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